jeudi, 04 mai 2006

Mass Destruction

".../...

Whether long range weapon or suicide bomb

A wicked mind is a weapon of mass destruction.

Whether you're Soaraway Sun or BBC 1

Misinformation is a weapon of mass destruction.

You coulda caucasian or a poor asian

Racism is a weapon of mass destruction.

Whether inflation or globalisation

Fear is a weapon of mass destruction.

Whether Halliburton, Enron or anyone

Greed is a weapon of mass destruction.

We have to find courage, overcome

Inaction is a weapon of mass destruction.

.../..."

 

 

Maxi Jazz / Faithless

"Mass Destruction", album "No Roots" 2004

 

 

CyrO

vendredi, 31 mars 2006

Vacances en Cyrodiil

(Avertissement aux arpenteurs des Elder Scrolls : Spoilers inside !)

Pour voir les images en plus grand, cliquez sur les vignettes.

Au loin sur la droite se dessine la tour de la Cité ImpérialeAlors que ce blog semblait vouloir reprendre du poil de la bête je décidais pourtant de partir quelques jours en vacances dans une des provinces de Tamriel : Cyrodiil !

 

Tamriel, je connaissais pourtant bien, pour avoir longuement parcouru les terres de Solstein, de Vvardenfell ou d'Hammerfell. J'ai dû oublier combien ce pays dans son ensemble pouvait être fascinant, voir même addictif...

 

Et puis, je pensais ne guère prendre de risques avec Cyroddil, cette province hébergeant l'empereur la stabilité politique était supposée garantie et le voyageur pouvait donc y partir serein, seuls les bandits de grand chemins et autres feux follets pouvant l'ennuyer. Bon, bien sûr il y a encore toutes ces ruines accueillant diverses monstruosités, mais finalement il suffit de ne pas sortir des routes et chemins tracés pour au pire risquer sa bourse, mais certainement pas sa vie ! Si j'avais su...



Cheydinhal, certainement la plus belle ville à visiter en CyrodiilSi j'avais su que, pour une raison qui m'a échappée, j'allais de suite après mon passage en douane me retrouver enfermé dans les cachots de la Cité Impériale !!! Que le garde impérial qui m'enferma choisit une cellule pas tout à fait comme les autres et qu'à cause de ce détail l'Empereur en personne viendrait m'y rendre visite...



Oh bien sûr, ce n'est pas moi qui l'intéressait, mais le passage secret menant vers l'extérieur qui s'y trouvait. Avant de l'emprunter l'Empereur me dévisagea avant de lancer "Toi ! C'est toi que j'ai vu dans mes rêves ! Une grande destinée t'attend ici, alors que je serais mort depuis longtemps, tout comme mes descendants. On va bientôt m'assassiner et je sais ne pouvoir échapper à ces plans, tout comme mes enfants n'ont su s'en mettre à l'abri... Ecoute-moi : ce que mes ennemis ignorent, alors qu'ils veulent déstabiliser le pays en le privant de monarque, c'est qu'il me reste encore un fils que je n'ai jamais reconnu. Un enfant du péché mais qui n'en a pas moins le droit de reprendre le flabeau s'il ne reste que lui. Je l'ai mis entre de bonnes mains à sa naissance, il vit chez un prêtre, près de Chorrol. Trouve-le discrètement et aide le à accéder au trone !". Et alors que je m'enfuyais des prisons avec l'Empereur par le biais de ce passage secret, ce dernier (l'Empereur, pas le passage secret ! raaaah) se faisait assassiner par des meurtriers rapides et silencieux, ce presque sous mes yeux.



Un couché de soleil sur les remparts de CheydinhalJ'aurais pu oublier sa requête, mais c'est grace à lui que j'étais sorti de prison, et puis surtout, si je voulais profiter de mes vacances, celles-ci seraient bien plus sereines dans un pays politiquement fort ! C'est par les égouts que je sortais finalement à la lumière, alors que le jour tombait et que Cyrodiil s'offrait à moi dans toute sa superbe. Une nouvelle aventure m'attendait, quoi qu'aventure me semblait un terme un peu fort, un prêtre à trouver pour qu'il me présente son disciple, ce dans une une des grandes villes de la région ne devant pas être à plus d'une demi-journée de marche, j'avais connu bien plus épique...

 

Ma plus grosse erreur, évidemment, fût de croire en cette apparente simplicité ! Bien sûr le jeune homme ignorant le sang bleu coulant dans ses veines n'était plus là où jaurais dû le trouver ; désormais prêtre il était parti à Kvatch, une autre ville d'importance située bien plus loin dans le territoire... Je compris dès lors qu'il allait me falloir une monture. Seulement voilà, après avoir fait le tour de quelques écuries, il me parut évident qu'avant d'acheter un cheval il me faudrait d'abord réunir quelques septims (la monnaie locale), tant les canassons ne sont pas donnés !

 

Un des chemins verdoyants menant à Skingrad, pure cité médiévale entourée de vignobles et autres vergersC'est ainsi que je me retrouvais embauché par la Guilde des Guerriers comme par celle des Mages, moi qui ne suis à la base qu'un modeste voleur-archer ! Evidemment j'ai cherché à rentrer en contact avec la Guilde des Voleurs, mais celle-ci se fait discrète avec la proximité de la cité impériale, et je ne l'ai pas trouvée de suite, loin de là... Mes services sont donc allés aux premiers en réclamant la nécessité.



Les gens de la région semblent tous avoir des problèmes, à tel point que de simples particuliers (marchands, voyageurs, gardes, mendiants, mages...) ont très vite fait appel à moi et à mes talents. Du vol de grimoir magique (pour faire une farce à la hiérarchie d'une guilde de mages) à la découverte d'un village peuplé uniquement de personnes invisibles (un magicien, en ayant marre de les entendre se plaindre du bruit que faisaient ses expérimentations, a décidé de les punir de cette façon) à qui rendre leur visibilité, en passant par des filatures de villageois, à prioris quelconques, commanditées par un type paranoïaque au dernier degrès, je n'ai guère eu le temps de m'ennuyer...

 

Découverte d'un monastère isolé au nord de BrumaEt puis je reste un voleur, donc il faut aussi prendre en compte un nombre déjà plus qu'important de maisons visitées de nuit, de personnes dont j'ai fouillé les poches et autres larcins en rapport avec ma profession. J'ai d'ailleurs finalement réussi à rencontrer des membres de la Guilde des Voleurs, ce qui m'a permit, alors que je commençais à être sérieusement encombré dans mes mouvements par mon butin, de recéler vers un de leurs spécialistes le fruit de mes vols, mais aussi vers qui acheter ces crochets sans lesquels il m'est bien difficile de compter fleurette à un verrou... Malheureusement, venant d'intégrer leur faction et n'ayant que peu progressé dans la hiérarchie, seul un type de Bruma, cité enclavée sous la neige dans les montagnes de Jerall, accepta de racheter mes marchandises malhonnêtement acquises, ce qui me força à faire beaucoup de route pour parfois pas grand chose.

 

C'est à partir de là que j'ai pu m'offrir un cheval, bai en l'occurence, pas hors de prix et s'avérant un bon compromis entre rapidité de déplacement et solidité. Il m'a même surpris en tuant à coups de sabots et quasimment sans mon aide un puma qui nous avait attaqués en bord de route ! Une bonne bête que je laisse dormir dans une écurie dès que l'endroit où je passe la nuit en possède une ; il le mérite bien...

 

Allez savoir pourquoi, les gens ont une certaine propension, en ces contrées, à me faire des confidences, confidences parfois non sans conséquences...Je me décidais finalement, désormais paré, à partir pour Kvatch, non sans une certaine appréhension. Le voyage s'avéra long et parsemé d'embuches. Le pire pourtant se trouvait à l'arrivée de ce périple. Kvatch n'existait plus...

 

En contrebas de la colline sur laquelle la ville toisait autrefois fièrement la contrée, un campement de fortune accueillait les rares survivants de ce qui semblait avoir été une attaque furieuse et sans merci. Là on m'expliquait qu'une porte s'était ouverte et que des armées de monstres en avaient surgis pour détruire la cité. Je compris vite que je ne devais pas être le seul à savoir qu'il restait un héritier à l'Empire, et que ceux qui avaient traversé cette porte savaient sans doute parfaitement ce qu'ils venaient y chercher...

 

Le pont menant au château de Skingrad ; dessous, plus loin, Skingrad elle-mêmeJe n'avais d'autre choix que d'aller constater de moi-même. Arrivé sur les lieux le ciel devint cramoisi, parcouru d'éclairs, l'atmosphère était électrique et presque malsaine. Aux portes de ce que fût Kvatch je rencontrais quelques gardes impériaux qui tentaient de contenir l'invasion. Ils m'expliquèrent que la porte, par laquelle avait surgit l'ennemi, donnait sur l'Oblivion, une sorte de dimension parallèle ressemblant plus à l'enfer qu'autre chose ; parcourue par des élémentaires de feu et autres Faucheclan... Des créatures dangereuses et non dénuées d'intelligence. Il fallait désormais refermer cette porte, et pour cela il n'y avait pas d'autre solutions que de la franchir et de trouver un moyen pour la clore à jamais !

 

Ils m'expliquèrent également que le seul batiment encore debout était la cathédrale et qu'apparemment quelques personnes s'y étaient réfugiées avec des gardes, les créatures semblant peu promptes à y entrer. J'appris que le prêtre devait s'y trouver. Martin de son petit nom... Martin, celui qui est sans doute le fils caché de l'Empereur ! J'allais enfin pouvoir réaliser la volonté de feu l'Empereur...



Et à ceux qui lisent ceci en pensant que ça semble bien trop facile, je leur répondrais qu'ils ont raison ! Mais c'est là une autre histoire que je reviendrais peut-être vous conter un jour...

 

Danaël Sydaril, Bosmer voleur-archer niveau 14, du pays de Tamriel, dont les vacances ont été bien perturbées.

 

 

Carte de la province de Cyrodiil

 

 

CyrO

lundi, 06 mars 2006

Psychonauts

Bon ben finalement ça n'aura pas attendu bien longtemps avant que je ne me fende d'un nouvel article...

 

PsychonautsTim Schafer (très intéressante interview du bonhomme si vous suivez ce lien) revient enfin sur le devant de la scène vidéo-ludique ! Schafer, c'est l'homme à l'origine des meilleurs jeux d'aventure de chez LucasArts dans leur âge d'or, époque désormais bien révolue ; on lui doit des hits aussi barrés, drôles et intelligents que Day of the Tentacle, Full Throttle ou plus près de nous Grim Fandango (1998) - grands classiques s'il en est -. Un de ces personnages importants dans le monde du jeu vidéo, de ceux qu'on peut aisément qualifier d'auteurs et qui proposent systématiquement des oeuvres personnelles au sein de véritables univers ne pouvant être comparés à aucun autre.

 

 

Parti de chez LucasArts depuis un bout de temps il en a profité pour fonder son propre studio de développement (Double Fine) dont la première livraison est donc ce Psychonauts. Un jeu pas tout récent puisqu'il a déjà été édité au Etats-Unis depuis plus d'un an. Si l'attente a été aussi longue pour la France c'est bêtement pour deux raisons : une localisation peu évidente, le jeu comprenant de nombreux dialogues et autres jeux de mots, mais aussi l'univers du jeu en lui-même, original, adulte, décalé et plutôt sombre qui semble avoir fait peur à un distributeur bien frileux.

 

Surprise plutôt importante : Schafer ne nous revient pas cette fois par le biais d'un jeu d'aventure mais par celui, et ce même s'il est bien plus que ça, d'un jeu de plateformes/action !!!

 

Raz (diminutif de Razpoutine) est un jeune adolescent qui vient d'intégrer la colonie du Roc-qui-Murmure, un camp un peu particulier puisqu'il ne reçoit que des enfants "psychiques" (dotés donc d'un potentiel mental infiniment supérieur à celui de l'humain de base) ce dans le but de les amener à devenir des Psychonautes, sortes d'agents secrets du mental. Raz s'y est plus introduit qu'il y a été invité, arrivant là après avoir fuit le cirque de ses parents où son père lui faisait subir brimades sur brimades, ne supportant pas que son fils soit différent des autres et surtout détestant les psychiques dont son fils fait partie, ceux-ci ayant lancé une malédiction sur leur famille, les empêchant d'approcher de la moindre nappe d'eau sous peine d'être attaqués par un monstre aquatique n'existant que pour eux et donc leur esprit.

 

Voui, je sais, ça fait un peu barré là comme présentation, et pourtant ce n'est rien face aux développements scénaristiques tortueux et bien frappés de cette vraie perle unique en son genre.

 

Raz va donc devoir suivre une formation de Psychonaute, formation dispensée dans un environnement très particulier mais également par des professeurs eux aussi très spécifiques ! L'un est un ancien militaire comparant l'intrusion dans le cerveau d'un autre à une véritable guerre ouverte (ce qu'elle est en un sens, il faut bien l'admettre) et ne jurant que par des méthodes agressives et bien viriles. On en trouve un autre tout ce qu'il y a de plus psycho-rigide, ressemblant plus à un cadre de l'administration doublé d'un scientifique raide comme la justice qu'à l'espion qu'il est supposé être. Enfin on croise une jolie brésilienne pour qui tout n'est que fun, adorant passer à la TV et perdre son temps en de multiples fêtes à l'ambiance psychédélique très marquées disco.

 

Et puis il y a tous les jeunes occupants du camp. Mal dans leur peau, tous névrosés jusqu'à la moelle, tous franchement barrés entre autre de par leur statut de parias qu'ils ont forcément bien du mal à gérer. Mais surtout pour la plupart tous très attachants même pour les plus insupportables et les plus cons, Schafer sachant parfaitement définir ces personnages pour lesquels, à différents degrès, on finira par éprouver une certaine empathie, et ce même pour le dur à cuir de service, pourtant à prioris un sacré connard ! Chacun possède une sensibilité et des délires différents, l'auteur ayant surtout bien pris soin de leur faire don d'une véritable humanité qui les crédibilise au delà de leurs pouvoir étranges et de cet aspect de freaks dont il est difficile de les dissocier.

 

Raz va en donc beaucoup cotoyer ces élèves, le jeu étant scindé en deux parties très distinctes. Dans la première il devra visiter dans les moindres recoins ce fameux Roc-qui-Murmure, qui à la base semble plutôt riquiqui mais s'avèrera, au fur et à mesure de l'avancée du jeu, franchement immense ! Divisée en plusieurs zones, cette partie du jeu est totalement ouverte et le joueur est libre d'aller où il le souhaite comme de faire ce dont il a envie. Du lac à la forêt en passant par les labos secrets des profs jusqu'à la grande zone d'accueil ou encore celle où vivent les momes, il y a de la place pour bouger et du monde à rencontrer ou avec qui discuter. Chaque zone comprend un certain nombre d'objets à trouver (bien cachés mais jamais réellement inaccessibles une fois qu'on les a repérés) qui aideront à l'avancée de l'aventure, mais surtout qui apporteront pas mal de profondeur à la fois à l'univers visité mais aussi à son gameplay. Pour une fois, tenter de finir le jeu le plus près possible des habituels fameux 100 %, communs à beaucoup de jeux de plateformes, n'est pas horripilant, on y prend même énormément de plaisir. Et puis il y a tant à découvrir et à visiter parallèlement...

 

La seconde partie du jeu est, elle, directement liée à l'entrainement sur la voie de psychonaute. Chacun des profs va dispenser progressivement à Raz des leçons pour maîtriser ses différents pouvoirs à l'intérieur de leur propre cerveau, puis par la suite aller régler quelques problèmes dans le cerveau de personnes extérieures à ce microcosme.
Cette partie est plus directive puisque s'inscrivant bien plus dans le jeu de plateformes classique, avec un seul chemin à suivre. Mais quel chemin ! Chaque niveau représente donc la psyché d'un personnage, et du fait chacun est extrêment différent, répondant à chaque fois à une univers autre, du plus tordu au plus déroutant en passant par le plus malsain ou le plus coloré voir même disco (la brésilienne dont je vous causais plus haut)...

 

Du fait la diversité est plus que présente et non seulement elle nous évite l'habituelle lassitude de ce type de jeux mais en plus elle nous donne envie d'aller voir plus loin ce que ce chtarbé de Tim Schafer peut bien avoir encore trouvé pour nous amuser, nous divertir, nous faire rire ou bien réfléchir ! Dans chacun de ces cerveaux il faudra là aussi partir en quête de différents objets, que ce soit des bribes de mémoire symbolisées par des sortes d'icones colorées transparentes, immobiles ou en mouvement, toujours différentes et en rapport avec l'esprit visité, ou bien encore des bagages émotionnels dont il faudra d'abord avoir trouvé la clé pour pouvoir accéder à leur précieux contenu (qui sera par la suite visionnable par le biais d'une visionneuse type diapositives, la plupart du temps des informations approfondissant les personnages en nous livrant des recoins oubliés ou volontairement cachés de leur psyché - c'est la plupart du temps parfaitement jubilatoire - ou bien de magnifiques croquis préparatoires du jeu. Et puis bien sûr il y aura des ennemis à affronter à l'aide des pouvoirs que l'on aura appris à maîtriser progressivement (lévitation, pyrokinésie, télékinésie...), ennemis qui prennent ici la forme de "censeurs", des sortes d'anti-corps de l'esprit, ressemblant à de bons bureaucrates avec leur costume-cravate triste à mourir et leurs lunettes et coupes de cheveux basiques, qui chassent tout ce qui n'a pas à se trouver là et dont Raz fait forcément partie ; ainsi que d'autres créatures venues tout droit des méandres du cerveau accueillant le personnage principal.

 

A chaque fois c'est d'ailleurs un éblouissement et une vraie jubilation ! On croirait presque changer de jeu tant les univers sont distincts et parfaitement différents. Néanmoins l'exploit de Schafer est que l'ensemble reste parfaitement homogène, et si l'on a l'impression d'avoir presque à faire à une direction artistique différente pour chaque univers, tout reste cohérent, d'un bon goût surprenant et systématiquement l'émerveillement nous cueille ! Enfin, "émerveillement" n'est pas forcément le mot le plus juste tant certains endroits sont sinistres à visiter, et même si le jeu ne se départit jamais d'un certain humour il faut bien avouer qu'il est souvent très noir.

 

On se retrouve donc avec ce jeu face à une direction artistique générale tout simplement bluffante de par sa richesse et le soin qui lui a été apporté ! Et le jeu a beau avoir plus d'un an d'existence rien ne permet de le dater ainsi, c'est beau, c'est souvent frais, c'est fun, plein de couleurs (quoi que quelques niveaux se passent strictement en noir & blanc - je vous dis, c'est un jeu complètement dérangé !) et de détails qu'on n'attendait pas. Bien sûr il ne mettra pas à genoux votre carte graphique, les effets spéciaux, aussi jolis soient-ils, n'étant pas pléthoriques ni du dernier cri, mais peu importe ! Pour une fois, et c'est plutôt rare hélas, la 3D est très personnelle, ne ressemble à rien d'autre de vu au préalable, plus proche d'un dessin animé auquel Tim Burton aurait participé pour le design que d'un énième clone de Doom 3 utilisant un moteur générique faisant se ressembler bien des jeux pourtant techniquement plus à la page.

 

Au niveau de la jouabilité tout va parfaitement bien, que ça soit avec un pad entre les mains ou avec l'efficace couple clavier/souris, le jeu se laisse naturellement prendre en main et lorsque l'on "perd" on ne peut s'en prendre qu'à soi-même tant Raz répond au doigt et à l'oeil.

 

L'ambiance sonore n'a pas été oubliée, la bande son étant parfaitement retranscrite, que ce soit dans les bruitages (parfaitement gérés dans l'espace sonore et donc dans leur placement) que dans la musique (qui fait parfois penser à du Danny Elfman, tiens donc...) ou bien encore dans le doublage français qui, une fois n'est hélas pas coutume, est d'une belle qualité, chaque personnage ayant droit à une voix lui convenant bien doublée de surcroit par des comédiens visiblement impliqués.

 

Quant à la durée de vie elle dépendra tout simplement de votre façon de jouer. Pour moi qui aime prendre mon temps et découvrir tout ce que les développeurs peuvent avoir caché à droite et à gauche comme m'arrêter sur les détails et jouer au touriste dès l'instant où un jeu me donne un peu de liberté, cette durée de vie est conséquente (pour un jeu de cette catégorie), je l'estime à une bonne vingtaine d'heures. Pour qui va droit au but sans trop perdre son temps à visiter et à causer à tout le monde, il semblerait que ça tombe directement à la moitié à savoir donc une grosse dizaine d'heures !

 

Psychonauts est donc un jeu qui renouvelle totalement le genre plateformes/action, qui multiplie les gameplays au sein d'un genre en général plutôt limité sur ce plan. Une vraie bonne suprise, totalement rafraichissante et d'une grande générosité qui fait plaisir à voir. Un jeu bourré de bonnes idées concrétisées, d'humour, au sein d'un univers maîtrisé, sensible et adulte ! D'ailleurs attention, ne vous y trompez pas... Malgré la bonne bouille des images que vous pourrez glaner ici ou là le jeu s'adresse aux adultes et aux ados mais certainement pas aux enfants pour qui il peut être à la fois perturbant et effrayant, sans parler du fait que les plus jeunes risquent de ne pas bien comprendre tout ce joyeux foutoir dépressif (si si) et donc de passer à côté d'un des poles les plus intéressants de la nouvelle oeuvre de Tim Schafer ; le jeu est d'ailleurs déconseillé aux moins de 12 ans.

 

Graphismes : 17

Jouabilité : 16

Ambiance : 18

Scénario : 16

Note Globale : 18

 

Psychonauts, un jeu développé par Tim Schafer chez Double Fine, édité par Majesco et distribué par THQ, disponible sur PC, PS2 et XBox.

Dans les 44 euros chez tout bon crémier qui se respecte.

 

(Cliquez sur les vignettes pour les afficher en plus grand)

La salle donnant accès aux différentes psychés, y compris celle du héros !
Par moments un petit côté Alice au Pays des Merveilles
Oui, on peut également se balader en bateau, mais attention Raz a une véritable phobie de l'eau
Un esprit trop cartésien peut parfois se transformer en gros foutoir si on en perd le contrôle...
Raz à la colo du Roc-qui-Murmure
Un des nombreux artworks que l'on peut récupérer au gré de l'aventure
Le connard de service et son second, qui peuvent à l'occasion s'avérer néanmoins tout aussi attachants et touchants que leurs petits camarades
La colo est immense et on s'y balade en toute liberté !
Une euh... enfin un... le... euh... oh et puis vous verrez bien si vous avez la bonne idée d'y jouer ;o)

 

 

CyrO

vendredi, 17 février 2006

Desperate Housewives

Desperate Housewives

 

 

Saison1 : 23 épisodes de 45min.

Réalisateurs : Mark Cherry, Tom Spezialy

Producteur(s) : Mark Cherry

Scénariste(s) :  Mark Cherry

Pays
 : Etats-Unis

Année
 : 2004

Studio
 : Buena Vista (Disney quoi...)

Genres
 : Comédie - Drame -  Séries TV – Suspense

 

 

Synopsis

 

Cette série raconte la vie de quelques habitantes de Wistéria Lane, un quartier qui n'est paisible qu'en apparence, surtout pour ses femmes aux foyers désespérées.

 

 

Personnages ( De gauche à droite)

 

 

Edie Britt (alias Nicolette Sheridan) : Personnage secondaire, croqueuse d'hommes, elle travaille dans l'immobilier. Celle blonde plantureuse cherche son bonheur soit dans les bras de mâles, soit dans la quête de l'amitié de ses voisines, quête qui passe souvent par les conflits et la rivalité.
La bimbo classique si ce n'est qu'elle semble terriblement humaine.

 

Susan Mayer (Teri Hatcher) : Son mari vient de la quitter pour une petite blonde d'une vingtaine d'années avec qui il l'a trompée. C'est donc désespérée qu'elle a emménagé avec sa fille qui a tendance à la materner. Elle va s'amouracher d'un mystérieux plombier qui vient d'emménager devant chez elle.
Une maladroite absolument séduisante.

 

Bree Van De Kamp (Alias Marcia Cross) : Au yeux de ses voisins c'est la femme Parfaite. Toujours souriante, une cuisinière hors paire : La W.A.S.P. dans toute sa splendeur. Mais tout basculera quand elle apprendra que son mari veut la quitter.
Personnage aussi exubérant qu' émouvant.

 

Gabrielle Solis (Alias Eva Longoria) : vient d'un milieu pauvre et a sauté sur l'occasion lorsqu'un riche sud américain la demanda en mariage en ajoutant "Je te promet de t'offrir tout ce que tu voudras." Il a tenu sa promesse mais elle est malheureuse. Ne voulant ni enfanter, ni travailler, son seul divertissement est de tromper son mari et de le lui cacher activement.
Un bout de femme sexy et léger.

 

Lynette Scavo (alias Felicity huffman) : Lynette est écartelée entre ses triplés peu dociles et son bébé, la nostalgie d'avoir quitter un travail (publicitaire) qu'elle aimait et dans lequel elle excellait, la peur de ne plus séduire son mari qui l'a connue en tailleur sexy et qui la voit recouverte de bave et autre résidus alimentaires.
Haute en couleur et admirable.

 

 

Intrigue

 

 

Elle commence dès les premières minutes du pilote, Mary Alice Young se suicide d'une balle dans la tête, ce qui bouleverse l'univers de chacune de ses amies. "Elle avait l'air si heureuse." En rangeant les affaires de la défunte, elles découvrent une mystérieuse lettre que Mary a reçue le jour de son suicide. A partir de cet indice, ses amies vont se plier en quatre pour savoir pourquoi elle s'est tuée. Qui est donc ce mystérieux plombier ? Pourquoi le mari et le fils de Mary sont-ils si étranges ? Mary hante chaque épisode sous forme de voix off omnisciente, commentant la vie de ses amis, donnant davantage de profondeur à la série.

 

Mon avis

 

Avant de voir cette série je m'attendais à un mélange entre Les Feux de l'Amour et Sex and the city. Quelque chose de cliché, asseptisé et vulgaire. Je suis tombée de haut.


 

D'une part c'est une série divertissante, aussi comique que dramatique. On a l'impression de connaître chaque personnage, qui a sa manière est amusant et attachant. Il n'y a absolument pas de morale derrière même pas un fond de "Elever des enfants c'est dur mais ils vous le rendent bien.", au contraire lingratitude de certains est risible. Et une série américaine non moralisatrice ça ne court pas les rues.

 

De plus l'intrigue est incroyablement captivante, ce qui ne déplait pas à ces messieurs. Oui car figurez vous que cette série ne plait pas qu'aux femmes. Tous les hommes de mon entourage sont devenus "addicts", visionnant la série en une semaine, contre deux pour moi. Ils disent que lintrigue est géniale et que lorsquon regarde un épisode on meurt denvie de voir lautre pour élucider lintrigue. Je les ai prévenus que le dénouement n’était quau dernier épisode et pourtant, ils regardent les 22 autres alors je les soupçonne daimer la série tout court.


 

Là ou la série est vraiment originale c'est qu'elle lève des tabous encore plus grands que ceux de la sexualité, à savoir la difficulté d'élever des enfants, de se reconstruire quand son mari est parti, l'ennui des femmes entretenues, la nostalgie qu'engendre le fait d'arrêter de travailler pour devenir "femme au foyer". Mais surtout une aberration sociale qui veut que paraître heureuse aux yeux des autres femmes soit une priorité. Comme si admettre la difficulté de la vie pour une femme, c’était obscène. Comme si paraître heureux c’était l’être par procuration.

 

 

Comment voir cette série

 

La première saison vient d'être diffusée dans les horaires payants de canal+, mais se les procurer en DVD est un bon investissement (chez Buena Vista Home Video).

 

 

Anis

samedi, 11 février 2006

Le Polar du jeudi soir

Avant-hier soir, avec Mariemarie, nous sommes allés au concert de Cali à La Coopérative de Mai (pour les nons-pneulandais, c'est la salle dite "de musiques actuelles" basée sur le même principe que "Le Plan" de Ris-Orangis, "Le Transbordeur" de Lyon etc...).

 

Avec le timing qui nous caractérise (pas toujours), nous arrivons à l'instant même où les portes de la salle se ferment, où les lumières s'eteignent. Bref, pile poil ! Le gars qui entre sur scène, seul avec sa guitare, n'est pas Cali, nous profitons donc du fait que ce ne soit pas la folie dans la fosse pour nous glisser au centre de celle ci pendant que le type en question se présente un peu à la foule qui ne l'attendait apparemment pas. Son nom : Polar (désolé, je ne suis absolument pas sûr de l'orthographe de son nom).


 

Le voilà donc qui entame son tour de chant. Le public écoute. Lui gratte ses quelques accords sur sa guitare sèche pour accompagner ses chansons d'amour. Applaudissements. Tout va encore très bien, tout le monde est content dans la salle, le public qui va voir Cali et lui qui doit se dire que tout va bien se passer...


 

Puis il entame sa deuxième chanson : quelques accords (les mêmes?), une chanson d'amour, et c'est reparti pour un tour... Et là, avec Mariemarie, on commence à se regarder et à soupirer. Puis on se rend compte que dans la salle, il y a quand même pas mal de bruit. Bien sûr, certaines personnes ont l'air de s'intéresser à ce qui se passe sur la scène, mais beaucoup sont manifestement en train de se raconter leur journée...


 

Mais dans ceux qui discutent autour de nous, on voit bien qu'il y en a aussi, comme nous, qui hallucinent de voir ce gars chanter des trucs qu'il a l'air de prendre vraiment au sérieux, toujours avec ses quelques accords gratouillés gentiment pendant les couplets, pour finir en envolées qui doivent se vouloir "pinkfloydienne" pour les refrains, à la limite de péter les cordes... J'ai un peu honte de dire ça, parce que j'aime pas dire du mal, mais les textes qu'il nous livre avec le plus grand sérieux, je crois que si je me forçais a être un peu méchant, je dirais que ça frisait le ridicule. Si bien qu'on se marrait de voir nos voisins de fosse en sourire, et vice versa...

 

Bref, être la première partie d'un artiste que tout le monde attend, ça doit pas être facile. Et Polar, il doit pas être débile, il a bien dû voir que la foule n'était pas très captivée par ses mélodies et ses histoires d'amour d'écorché...

 

J'ajoute que je suis plutôt bon public, et que j'apprécie en live bien des choses que je n'écouterais pas sur ma chaîne hi-fi... Mais là, quand même... Désolé Polar !


 

Après quelques recherches, il apparaît que Polar est un sujet helvétique qui sortit son premier album en 1997. Il chantait alors en anglais, et a fait la première partie de Miossec qui avait eu le coup de foudre. Après écoute de certains titres, j'ai un avis bien plus positif sur le gars... Peut-être est ce dû à l'anglais, peut-être aussi parce qu'il n'est pas seul a la guitare et que c'est du coup beaucoup plus riche... En tous cas, il semble que ce garçon roule sa bosse tranquillement depuis quelques années, et se consacre à "Polar version française" depuis 2002. Bon courage à lui, surtout en lui souhaitant de ne plus vivre ce qu'il a vécu hier, que j'aurais, moi, vécu comme un grand moment de solitude...


 

Pour avoir un petit mot sur le concert de Cali, il va vous falloir attendre que Mariemarie s'y colle, on s'est partagé le boulot ! A moi la première partie, à elle Cali (Depuis le temps qu'il nous arrive de nous regarder et de nous dire mutuellement « ça se blogue ça ! », enfin, on le fait !)


 

Et je pense que vous n'allez pas être déçus (ça c'est clair que y a de l'aventure pour le coup ;o) . A suivre ici.

 

 

Lo

jeudi, 19 janvier 2006

Pour le plaisir des yeux (et aussi des zygomatiques, mais du coup ça fait trop long comme titre alors j'ai préféré lacher l'affaire et... ah merde... !)

Deux liens pour bien commencer la journée :

 

- Une page consacrée à Julian Beever, un englais un peu frappé, qui s'amuse à dessiner des trompes l'oeil anamorphiques hallucinants sur les pavés des plus grandes villes.

 

Robin / Julian Beever

 

 

- SuperMonk, un dessin animé en CGI parfaitement drôle et parodique, qui en remontre à bien des grands studios supposés spécialisés dans cet art... Nul doute qu'on entendra bientôt parler de ces p'tits français.

SUPERMONK

 

Z'amusez-vous bien :oD

 

 

CyrO

mercredi, 11 janvier 2006

La Guerre des Mondes - de Steven Spielberg (2005)

La Guerre des Mondes 2005Allant de moins en moins au cinéma pour des tas de raisons (trop cher, trop peu de V.O., programmation indigente à Pneuland, installation bien plus cosy dans mon chez moi etc...) je découvre la plupart des films désormais en DVD...

Ceci explique que vous trouviez bien souvent des critiques un peu en retard sur la sortie salles. Bref, passons au dernier film de Spielby !

 

Depuis La Liste de Schindler (1993) tout le monde est d'accord pour dire que Steven Spielberg est rentré dans la phase "mature" de son oeuvre, mouvement enclenché dès La Couleur Pourpre  (1985) mais qui a pris bien du temps pour être assumé tel quel. Il est donc d'entrée de jeu franchement intéressant d'accéder enfin à un film qui se veut antinomique de son Rencontres du 3ème type (1977), lui terriblement ancré dans la période "enfantine" et bien plus féérique, même s'il savait se montrer oppressant et sombre par moments.

 

Le 11/09 n'est évidemment pas étranger aux choix que l'on trouvera dans ce métrage partagé entre la pure SF, le drame et le film catastrophe. Certaines images ne manqueront pas non plus d'en rappeler d'autres, bien moins virtuoses, du moyen Jour d'Après (2004) d'un Rolan Emmerich qui n'a pourtant jamais été aussi bien inspiré. Les grands mouvements d'exode ramènent autant vers ce film que vers la seconde guerre mondiale avec laquelle Spielberg n'a visiblement pas encore réglé tous ses comptes. Et comme tout au long de son oeuvre, l'explosion de la cellule familiale est une des principales thématiques du film... Bref, en termes de richesse de propos, pour ce qui est supposé n'être qu'un divertissement, le film est déjà bien ras la gueule ! Il y a de quoi analyser de tous les côtés, et pour les plus pervers sans doute bien plus encore.

 

Mais il n'y a pas que dans le propos que La Guerre des Mondes est à la limite de la saturation, l'image étant à mettre au même rang.
En effet, pour la première fois, dans un film du golden boy, les cadres sont constamment remplis. S'en est même impressionnant. Pas un coin de ciel n'est accessible au regard, pas l'ombre d'une vaste étendue dans laquelle laisser s'enfuir quelques instants nos pensées. Le film se veut claustrophobe et y parvient allègrement, entre autre de par ce biais là. On étouffe presque tant on est submergé d'images denses et parfois franchement agressives. Spielby rempli son scope de tonnes de détails, resserre ses plans, choisi bien souvent de filmer à l'épaule, et nous laisse preque suffoquants, à l'image de ses personnages.



Ca n'empêche en rien d'avoir droit à de très belles images dont la force picturale est par moments réellement impressionnante (Ray sortant à découvert pour ne déboucher que sur une apocalypse dantesque, un tripode s'extrayant d'une forêt en haut d'une colline alors que des centaines de personnes paniquées courent la campagne en contrebas, un train carbonisé passant à toute vitesse et dont les flammes procurent sans doute la vision la plus macabre et la plus puissante de tout le métrage... et bien d'autres). Le film est d'ailleurs parcouru régulièrement d'image à la beauté funeste et crépusculaire.

 

Et puis nous voilà enfin face à une invasion extra-terrestre répondant à ce que nous avons toujours attendu sur un grand écran. Le spectacle est total, les effets spéciaux se font totalement oubliés tant ils sont parfaits pour nous laisser pantois, la bouche grande ouverte devant cette orgie de vignettes inédites et terriblement excitantes.

 

Mais si tout cela fonctionne si bien c'est surtout dû à la crédibilité des personnages qui nous sont proposés et au regard que leur porte le réalisateur. Tout au long du film on ne lachera pas une seconde les baskets de Ray Ferrier, grutier de profession, peu cultivé et ayant sérieusement baissé les bras quant à l'éducation de ses deux enfants, eux-même de toute façon èlevés principalement par leur mère vivant désormais avec un nanti. Ferrier, c'est Tom Cruise bien sûr, un Tom Cruise tout à fait crédible dans ce rôle et semblant ici bien plus à l'aise que dans d'autres. Le film repose en grande partie sur lui, sa dimension émotionnelle également.

C'est par le biais de ce personnage mal assuré que Spielberg revient nous parler du divorce, du manque du père, pour rejoindre cette thématique déjà abordée dans tant de ses films (Rencontres du 3ème Type, E.T. -sans doute son plus personnel, particulièrement à ce sujet-, A.I., Attrape-moi si tu peux, et dans une moindre mesure Les Dents de la Mer et Indiana Jones et la Dernière Croisade). Ne dit-on  pas que tout réalisateur ne fait que réaliser constamment le même film ?

L'histoire de Ray s'avère en tout les cas souvent poignante, face à ses enfants qui ont du mal à le reconnaitre comme un père et surtout comme quelqu'un apte à les prendre en charge face à une situation aussi dramatique que celle qu'ils vont traverser deux heures durant. Le personnage ne nous est jamais présenté comme un héros, le voyant plus d'une fois douter, se montrer lâche, perdu face à des responsabilités qu'il ne sait comment envisager. Et s'il s'en sort plutôt bien dans l'action c'est la plupart du temps plus dû au hasard qu'à ses propres choix... Un personnage dont les failles se dévoilent au grè du film, le rendant toujours un peu plus humain et démuni face à une situation le dépassant comme elle nous dépasserait d'ailleurs tous. Difficile, du fait, de ne pas ressentir d'empathie à son égard.

 

Cruise s'avère donc parfait dans ce rôle qu'il ne bouffe jamais, laissant le personnage s'exprimer pleinement, mais les interprètes de ses deux enfants font tout autant que lui sur le plan de la crédibilité. Dakota Fenning et Justin Chatwin s'en sortent merveilleusement bien et évitent largement l'écueil des enfants ou adolescents crispants et plus agaçants qu'autre chose. Eux aussi sont justes, la cadette sachant même se montrer sacrément émouvante à diverses occasions et ils s'en sortent d'autant mieux que le film gravite uniquement autour d'eux deux et de leur père.

 

A l'arrivée le film est donc tout autant intimiste que spectaculaire, terrifiant qu'émouvant. Et surtout adulte ! On n'est pas dans un ride pour teenagers, ce qui était une des plus grandes inquiétudes alors que le film se montait. Il s'agit d'un film mature, riche et néanmoins parfaitement divertissant. Pas un chef-d'oeuvre, juste un de ces rares très bons films, possédant une direction artistique magnifique et pleinement maîtrisée, comme la machine hollywoodienne sait parfois nous en proposer à l'insu de son plein grès ; n'oublions pas cependant que Steven Spielberg est le seul réalisateur vivant pouvant faire absolument tout ce qu'il veut sans contrainte dans ce cadre là, son mérite en est donc forcément amoindri.

 

Certains ont râlé sur la fin du film (que je ne dévoilerais pas, rassurez-vous), et réalisé par un autre ça m'aurait sans doute un poil énervé également. Mais là encore on reste dans une thématique spielbergienne, et je trouve donc la conclusion du métrage pleinement justifiée de par ce biais, même s'il est difficile de ne pas y voir pour autant quelques facilités.

 

Bref, de mon côté j'ai marché à fond, j'ai paniqué avec Ray et ses deux enfants, jubilé tout du long de voir enfin de telles images comme le cinéma nous en promet dans la SF depuis si longtemps (remember cette daube d'Independance Day -du Emmerich déjà cité plus haut- qui pourtant propose un postulat initial similaire sans jamais assumer ses promesses justement -ni montrer le moindre corps dénué de vie, ce qui au vu du sujet est simplement pathétique-) et le tout sans avoir une seconde l'impression d'avoir dû laisser mon cerveau au vestiaire. Si Spielberg n'est à l'évidence pas, et ne sera probablement jamais, le cinéaste le plus important de sa génération, il reste bel et bien un des rares réalisateur à quasi-(comment lui pardonner Hook et Amistad ?)systématiquement proposer de vrais divertissements de qualité ne se départissant que très rarement d'une certaine pertinence...

 

 

Le film est disponible en DVD chez Paramount en édition simple dénuée de tout supplément, ou en édition collector bardée de près de trois heures de supplément passionnants, ces derniers étant presque aussi intéressants que les documentaires rétrospectifs que Laurent Bouzereau (encore et toujours maître d'oeuvre) avait réalisés pour Les Dents de la Mer ou Rencontres du 3ème Type, c'est dire...

 

 

CyrO

mercredi, 28 décembre 2005

3 Mustaphas 3 Vs 2 Twin Towers 2 !

Suite à une requête de Claudine, je me suis plongé dans mes anciens vinyls pour récupérer et encoder le single de 3 Mustaphas 3, "Si vous passez par là", datant de 1987 et reprenant une vieille sérénade argentine.



Un joli morceau que je n'avais pas entendu depuis longtemps. Et une bien belle pochette également.



Bien plus belle d'ailleurs qu'elle le laisse présager si on la scrute dans les détails ! En effet, comme me l'a fait remarquer Mariemarie, ces gens étaient de véritables visionnaires...

 

Une démonstration étant bien plus parlante que n'importe quelle explication, ci-dessous la pochette dans son entier puis un détail de celle-ci qui... tue :op

 

 

3 Mustaphas 3

 

 

Détail

 

 

(Je comptais mettre le morceau à votre disposition, par le biais de Putfile, pour que vous y jetiez une oreille, seulement voilà, à prioris ça ne fonctionne pas, ou du moins pas chez moi ! si quelqu'un utilisant ce service pouvait m'éclairer de son hallogène, je suis preneur... Pour un diagnostic complet ça se passe ici : http://media.putfile.com/3-Mustaphas-3---Si-vous-passez-p...  Merci par avance si vous trouvez une solution !)

 

Addendum :

Grâce à Thierry (merci à lui :oD) qui a été gratter le code source chez Putfile (vi, ok, c'était plutôt une bonne idée et je ne n'y ai pas songé une seconde, rangez vos railleries je me suis déjà auto-flagellé !), vous pouvez récupérer le morceau en question en passant par , en attendant de trouver pourquoi ça ne veut pas marcher autrement...

Ultime précision, il ne s'agit pas là du single original (ben voui, après mes fouilles archéologiques, je me suis rendu compte que celui-ci était malheureusement trop gondolé pour que ma platine vinyl accepte de le lire sans encombres. D'ailleurs, si quelqu'un sait comment remettre un vinyl gondolé dans le droit chemin je suis preneur !) mais d'un nouvel enregistrement des 3 Mustaphas 3 datant de 91 à l'occasion d'un album collectif. Merci ici à Claudine pour avoir finalement dégotté cette version toute seule !

 

 

CyrO

lundi, 26 décembre 2005

Nosfell, un monde à part

Nosfell commence tout juste à faire de petites apparitions à droite et à gauche ; sorti d'on ne sait où, on pressent qu'il sera bientôt partout. Musicien ? Essentiellement. Son album est un ovni, à classer, selon les titres, tantôt aux rayons rock, musique du monde, voire même jazz. Il chante tantôt comme une fille, tantôt comme un homme ; il joue de plusieurs instruments mais fait aussi des bruits bizarres. Sur scène, il semble pris de transes chamaniques ; en interview, il a l'air de tomber de la planète saturne.

 

Mais ce qui intrigue le plus, c'est sa langue. La moitié des titres de l'album sont en anglais, jusque là rien d'inhabituel. Mais les autres ? A-t-elle au moins un nom, cette langue étrange ? Il est en tout cas le seul à la parler et à la comprendre, puisqu'il l'a lui-même inventée. L'écriture qui va avec en prime. Et tant qu'on y est, le pays où on la parle. Mais ne croyez pas que ce soit une solution de facilité : ça veut vraiment dire quelque chose !

 

Il serait dommage de passer à côté de cet extraterrestre dont la musique sait entraîner l'imagination terrienne.

 

 

ZOF

samedi, 24 décembre 2005

kirikou et les bêtes sauvages

Après Kirikou et la sorcière que tout le monde connaît maintenant, Kirikou et les bêtes sauvages se présente ouvertement comme un deuxième volet. Ce n'est pas vraiment un autre film, ce n'est pas une suite non plus. En fait, ce sont plusieurs histoires courtes présentées par le grand-père de Kirikou qu'on a déjà vu dans le film précédent, et qui sont supposées s'intercaler entre deux séquences de Kirikou et la sorcière. Il est donc indispensable de l'avoir vu pour comprendre celui-là.

 

Pour ceux qui s'en souviennent bien, nous retrouvons Kirikou au moment où il a réussi à ramener l'eau à son village, et nous le laissons avant qu'il n'affronte directement la méchante Karaba. Entretemps, que s'est-il passé ? Comment le village, grâce à l'eau revenue et malgré les fétiches qui rôdent encore, parviendra-t-il à gagner de quoi vivre ?

 

Chacune de ces historiettes met le petit garçon face à un problème, lié le plus souvent à un animal de la savane, qu'il affronte ou qu'il utilise grâce à sa ruse habituelle.

 

Comparé au précédent, cette animation s'adresse sans doute à un public plus jeune, dans la mesure où l'histoire est plus simple, moins structurée et plus didactique. Plus qu'une véritable aventure, ce sont de petits contes, tantôt amusants, tantôt charmants, qui séduiront tout de même les adultes par leur fraîcheur.

 

Graphiquement, on reste dans le même style, mais l'accent et mis davantage sur le décor et la végétation, puisque cette fois, on ne se limite pas à la savane, mais on a droit à un véritable panorama des différents paysages africains. Certaines scènes font l'effet d'un coup d'oeil féérique dans un kaléidoscope.

 

Cette animation est donc toute indiquée pour un moment de détente, de retour en enfance et d'instants délicieux d'émerveillement naïf. Au milieu de l'agitation des fêtes, offrez vous cette petite parenthèse qui, en plus, vous donnera au moins pendant un quart d'heure une furieuse envie de découvrir l'afrique.

 

 

ZOF

Toutes les notes